Le 8 mars 2016, journée de la conne.

mer. 09 mars 2016 par Sabcat

conne

Hier, c'était la journée internationale de la femme, excusez du peu.
Hier, tu t'es levée heureuse. Un petit parfum de fierté emplissait ta tête, toi, la féministe, toi la femme libérée, toi la rebelle. Si tu te reconnais dans ces mots, c'est à toi que ce billet s'adresse.
Puis tu es allée dans la salle de bain pour te maquiller la tronche comme un clown, histoire de ne pas ressembler à qui tu es vraiment.
Assumes-tu réellement ce que tu es, ou bien fais-tu partie de cette tranche de tes congénères qui se veut ni pute, ni soumise, mais seulement entre deux épisodes des reines du shopping ?
Car oui, ma chériiiiiiie, Cristina Cordula est ton idole, tu appliques à la lettre ses conseils beauté, ou comment passer pour un tapin en bas résille pour moins de 300€. Tu dois rentrer dans le moule, tu n'as pas le choix.
Tu kiffes les petits chiots trop meugnons, et les bébés dauphins sont trop choupinous, mais tu te tartines la tronche de rouge à lèvres à base de graisse de cétacé, et de rimmel testé sur les yeux de Beagles. Ça, ça ne te dérange pas. Ce qui te dérange, c'est d'être prise pour une fille facile quand tu vas au bureau, dans ton petit jean moulant, acheté chez Zalando.
C'est vrai quoi, merde. Marre de tous ces machos, avec une bite à la place des yeux, qui ne reluquent que ton cul, et pas ton cerveau. Je me demande bien pourquoi tiens. Le soir, dans ton canapé en attendant ton épisode de Plus Belle La Vie, tu regardes la réclame, en donnant un coup de coude à ton mec quand tu vois cette pub, tu sais, celle ou une conne en tailleur blanc dit à deux types que dans une journée, une femme à un milliard de choses à faire. Et oui, un mec reste toute la journée dans le canapé en se grattant les burnes d'une main, et en tenant la zapette de l'autre, c'est bien connu. D'ailleurs, elle leur dit bien qu'ils ne peuvent pas comprendre, ils sont bien trop cons de toute façon. Mais c'est pas grave, cette fille tirée à 4 épingles avec un chignon impeccable figé à la laque L'Oréal (parce qu'elle le vaut bien) te fait rêver. C'est à elle que tu voudrais ressembler. C'est d'ailleurs pour ça que tu achèteras le fameux yaourt qui te fera un teint de star.
Bientôt, c'est le printemps. Tu es impatiente car tu vas pouvoir lire encore les mêmes magazines que les années précédentes, tu lis "Elle", le magazine féminin du groupe Lagardère. Je te laisse te documenter toute seule sur le groupe lagardère, et les différences de salaire de ses employés masculin/féminin. C'est pas grave, du moment que tu apprends comment rentrer dans ton maillot cet été, tout va bien. Ton petit deux pièces qui fera baver de jalousie tes copines, et les autres filles sur la plage cet été quand tu te trémousseras sous les yeux de leurs maris. Mais sur la plage, c'est permis. C'est pas pareil. Tu pourras montrer tes nichons comme la femme libérée que tu penses être, mais si un homme te mate les fesses dans le métro, ce sera forcément un pervers. C'est toi qui décide si on peut te regarder ou pas, faut pas déconner.
Tu admires les Femen qui exhibent leurs poitrines, mais il est hors de question que tu allaites tes enfants quand tu en auras, car oui, tu en auras, trop peur de pas faire comme les autres.
Tu veux être la reine du bricolage, façon Valérie Damido avec ta salopette et un fichu savamment placé dans les cheveux. Bricoler oui, mais avec classe. C'est bien, tu pourras peindre la cage où tu t'es enfermée toi-même en vert anis, ça te changera un peu du rose bonbon.
Quand tu vas faire ton jogging, tu aimes transpirer dans des vêtements de sport fabriqués par des gamines au Bengladesh, que tu changeras tous les 6 mois parce qu'ils ne seront plus à la mode. Il faut bien que tu affirmes ta féminité et ton individualité, merde à la fin, hors de question de courir dans les mêmes fringues que les copines.
Tu parles de romantisme sur doctissimo.fr, tu trouves le porno dégradant pour la femme, mais secrètement, ton cerveau reptilien te fait fantasmer sur les deux étalons qui pourraient te démonter en double.
Tu refuses de faire la cuisine pour ton mec, parce qu'une femme 2.0 ne fait pas ça, mais tu sers le café à ton boss qui t'exploite, mais, tu comprends, c'est pas pareil. Bref, t'es une femme moderne.
T'es pleine d'assurance dans tes escarpins montés à 45° sur talons de 12 qui finiront pas avoir raison de ton dos. A qui veux-tu plaire dans ces chaussures qui te déforment les pieds, si ce n'est à ceux que tu vomis ? Tu fais du 40 mais tu t'acharnes à vouloir rentrer dans du 36. Saloperie de fringues qui taillent trop petit.

Tu fais juste illusion chez les gens que tu impressionnes et qui tueraient pour être aussi médiocre que toi, c'est tout. Ce qui me dégoûte le plus en toi, c'est ce côté macho que tu essaies de travestir sous ton maquillage. Tu refuses qu'on t'acceptes pour ce que tu es, un être humain, avec ses qualités et ses défauts. Ni plus ni moins. Tu penses être une princesse au dessus des autres mais la vérité c'est que tu pètes au lit, comme tout le monde.
Tu refuses d'être vue pour ce que tu es, l'image que tu montres est exactement celle qui est perçue par le monde qui t'entoure. Tant que t'auras pas compris ça, tu es et resteras une grosse conne, et traitée comme telle par les hommes, et les autres femmes qui seront les premières à te juger, comme tu le fais toi même à la machine à café le lundi matin. A ta décharge, on est tous le con de quelqu'un d'autre.
Un homme ne se pose pas toutes ces questions. Il est. Point. Rien à foutre d'avoir un T-shirt troué. Rien à foutre de ce que les gens pensent. Un homme est primaire. Il mange, il boit, il baise. C'est pourtant simple. Tu aimerais être comme un homme, ou plutôt en avoir seulement les avantages, mais tu refuses de t'en donner les moyens, ou d'assumer ce que tu es. On vit dans un monde de plus en plus violent. Les indécis n'y ont pas leur place et les faibles non plus.
Tu trouves que ton job est mal payé ? Monte ton affaire. Ton mec te maltraite ? Change de mec. Tes copines sont trop superficielles, change de copines. Ou alors, ferme-là, par pitié. Parce-que personne n'attends après-toi, et personne ne vivra ta vie à ta place. T'es une caricature, l'étendard du vaincu qui sera foulé du pied dans la boue après la bataille. Tu fais partie du passé et tu penses encore être l'avenir.
Comporte-toi comme un homme pour comprendre comment devenir une femme.

Alors, oui je suis peut-être un gros con, un gros beauf. Tu as sans doute raison. Je suis un homme au foyer, mais contrairement à toi, je suis fier de l'être. Je fais la bouffe, le ménage et le repassage. C'est moi qui fait les courses, qui fait la couture, en plus du bricolage. C'est ma femme qui travaille et qui fait bouillir la marmite. C'est encore moi qui lui sert une bière le soir après une longue journée de travail. Je ne me sens pas pour autant inférieur à elle. C'est moi qui m'occupe des enfants, qui les accompagne à l'école et qui fait faire les devoirs, c'est moi que tu toises devant l'école le matin, d'un air hautain quand je te dis bonjour. Je n'ai pas honte de ce que je suis parce que j'ai choisis d'être qui je suis. Et même si physiquement, je ressemble plus à un Viking qu'à Steevy Boulay, je n'ai jamais suivi la mode, et quand on me disait que mes cheveux longs et ma boucle d'oreille faisaient tapette, je n'ai jamais cédé à la "tendance" qui fait ta raison de vivre. La peur d'être comme toi m'en a toujours empêché. Ne crois-tu pas que nous aussi les hommes, sommes victimes du système qui nous impose d'être virils, grands et musclés pour ressembler aux canons imposés ? Ne te trompe pas de combat, ne te trompe pas d'ennemi.
J'aime ma femme parce qu'elle se maquille quand elle est gaie, pour me séduire mais jamais parce qu'il le faut. Je l'aime parce qu'elle traine en pyjama le dimanche, pas coiffée. Parce qu'elle boit de la bière avec moi en donnant son avis sur la triple fermentation ou l'ambrée qu'elle vient de s'avaler, Je l'aime parce qu'elle assume son envie de plaisir, son besoin de jouir. Son côté mère poule et son côté indépendante. Je l'aime parce qu'elle regarde les films à l'eau de rose avec moi et se fout de ma gueule. J'aime ma femme parce qu'elle est une femme, contrairement à toi. Tu n'es qu'un produit marketing, une publicité géante qui entretient le malaise dont tu te plains. Alors, entre nous, qui entre toi et moi est le plus sexiste ? Qui entre toi et moi respecte le plus l'autre ?